29 septembre 2008
BLOG DE LA FOSSE 10/20 DE BILLY
Bonjour et Bienvenue sur le Blog de l'Apphim consacré à la Fosse 10/20, appelée également Fosse Schneider-Landrieu à Billy Montigny dans le Pas de Calais.
Issue de la Compagnie des Mines de Courrières, cette fosse a été touchée par la célèbre Catastrophe de Courrières, le 10 mars 1906, qui tua 1099 mineurs.
Ce blog est crée dans le but de faire connaitre cette fosse par la présentation de son passé, et pour favoriser la sauvegarde des bâtiments encore visibles. C'est un des 2 sites miniers de la Compagnie de Courrières possédant encore une grande partie des bâtiments, dont certains datent de la fin du XIXème siècle. 
La fosse 10 vers 1950.
L'Apphim est une association créée par Sébastien Glaubert, passionné par la mine. Sa vocation est la mémoire et la protection des sites industriels et historiques miniers dans le Bassin Nord Pas de Calais. Elle concerne les éléments disparus, mais aussi et principalement les bâtiments encore visibles et non-protégés. Ce blog de la fosse 10 entre dans le cadre d'un projet sur la Fosse 10 de Courrières, dont une grande partie des bâtiments est visible.
"J'aime la mine et je ne la laisserai pas disparaitre sans combattre...Même si le classement ne se fait pas, je suis quand même satisfait de faire connaitre mon projet et ce bâtiment restant de la Fosse 10. L'Apphim existe pour cela."
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SITUATION
La Fosse se situe à Billy Montigny, à proximité du Boulevard Henri Barbusse, ancienne voie de chemin de fer, qui relie la commune de Rouvroy.
La Fosse 10 en 1949

Vue satellite Google Maps du site en 2006.
Les principales rues bordant le site sont, l'Avenue de la Fosse 10, la rue Jean Rostand et l'avenue du 1er mai. Plus au nord se trouve la route de Méricourt et la voie de chemin de fer Lens-Lille, avec la Gare de Billy à proximité.
Au nord de la Gare se trouve le Centre ville, les ateliers centraux des Mines de Courrières et les Grands Bureaux, où se trouvait l'ensemble de l'administration de la Compagnie, puis des HBNPC Groupe d'Hénin Liétard, Charbonnages de France y a regroupé ses activités jusqu'au 31 décembre 2007.
Découvrez la vidéo sur cette fosse en cliquant ici
HISTORIQUE
La Fosse n°10 est foncée à partir du mois d'avril 1899 par la Compagnie des Mines de Courrières. Le puits atteindra la profondeur de 673m lors de sa mise en service en 1900.
Le second puits, N°20 est ajouté en 1911. Il sera profond de 546m.
Le 10 mars 1906, la plus grave catastrophe minière française touche les puits n°2, 3, 4 et 10 de Courrières. 164 mineurs sur 517 sont absents à la fosse 2, 507 absents sur 666 mineurs à la fosse 3, 428 absents sur 429 à la fosse 4.
Le puits n°10 sert alors pour les secours. Le délégué mineur à la sécurité Simon dit Ricq descend par ce puits avec le porion du 10, Pelabon, pour tenter de s'approcher des chantiers du n°3 par la veine Julie. Son trajet est entouré par l'horreur du sinistre, chantiers dévastés et cadavres de mineurs ou de chevaux. Il parvient à secourir 17 mineurs qui remontent ensemble par le puits n°10.
Comme 19 autres puits de la Compagnies de Courrières, les 2 puits sont dynamités lors de la 1ère Guerre Mondiale, les installations de surfaces sabotées.
Reconstruction de la Fosse, chevalement provisoire du puits n°10, en arrière, la Salle des machines et la cheminée de la chaufferie. Au fond, fosse n°2 de Courrières et ateliers centraux.
En 1920, seul reste visible l'important bâtiment de la salle des machines. Les 2 puits sont réparés et de nouveaux chevalements sont construits.
Le puits n°10 est équipé par un chevalement couvert de plaques de zinc, appelé "Cocotte", chevalement traditionnel de la Compagnie. Le puits n°20 est équipé par un chevalement en poutrelles treillis.
Entrée principale de la fosse. Vers 1925.
La fosse exploite un gisement de charbon gras situé au sud de la concession. Le puits n°10 assure l'extraction et l'entrée d'air; le n°20 est affecté au personnel, au matériel et pour le retour d'air.
Après Nationalisation, la fosse fais partie du Groupe d'Hénin-Liétard des HBNPC. Le criblage-lavoir est arrêté en août 1953 et la fosse cesse sa production en octobre de la même année, après concentration sur la fosse 6/14 de Fouquières.
La production totale atteint 10.945 millions de tonnes.
Démolition du Chevalement n°10. 1956.
Les 2 puits sont remblayés en 1955. Les chevalements sont abattus en 1956.
Les bâtiments conservés sont progressivement revendus à la municipalité où à des entreprises.
Vue actuelle de la fosse à l'emplacement de l'entrée principale. à droite, la Salle des Bains douches et au fond, la Salle des Machines.
30 septembre 2008
DESCRIPTIF DES INSTALLATIONS DE SURFACE

Installations encore visibles en rouge. Installations détruites en gris.
A - Bâtiment d'extraction du puits d'entrée d'air (n°10); A' - Bâtiment d'extraction du puits de retour d'air (n°20); B - Bâtiment de la Machine d'extraction du puits n°10; B' - Bâtiment d'extraction du puits n°20; C - Passerelles de roulage des berlines; D - Criblage et lavoir; G - Bâtiment des compresseurs et ventilateurs; H - Réfrigérant des compresseurs; I - Château d'eau; J - Lampisterie; K -Chaufferie; L - Bains douches; M - Baraque des ouvriers; N - Baraque des Abouts; O - Ateliers, magasin et écuries; P - Bâtiment des Transformateurs; Q - Bâtiment des services divers (Bureaux); R - Bâtiment du service médical; S - Broyeurs à mortiers; T - Dynamitière; U - Garages de bicyclettes; V - WC et urinoirs; W - Bascules et bureaux de bascules; X - Voies ferrées; C' - Bâtiment de pompes; D' - Bassins du lavoir; E' - Agrandissement des Bureaux; F' - Abri pour extincteur à mousse; G' - Magasin de desserte; H' - Bâtiment de lavage des accus.
01 novembre 2008
FOSSE 10 - Le bâtiment d'extraction du puits n°10
Les installations du puits n°10 comportent un chevalement couvert de type "Cocotte", typique de l'architecture des Mines de Courrières.
Le 1er modèle du chevalement était également de type "cocotte". Il possèdait une hauteur plus modeste.
Lors du replis des armées allemandes, celles ci opérèrent un saccage en règle de l'ensemble des puits occupés et firent dynamités les puits et les installations d'extraction.
02 novembre 2008
LA SALLE DES MACHINES, LES TRANSFORMATEURS ET LES INSTALLATIONS ANNEXES
La salle des machines est le plus grand bâtiment de la Fosse.
A la fosse 10, ce bâtiment comportait 3 équipements différents,
- La Salle des Compresseurs, où se trouvaient les compresseurs d'air comprimé, ils fournissaient l'air comprimé pour les différentes machines du fond, l'air était envoyé par tuyauterie dans le puits.
A proximité du bâtiment des compresseurs se trouve un château d'eau spécialement affecté à l'alimentation en eau des circuits de réfrigération des moteurs.
Les réfrigérants servent à refroidir l'eau par condensation des vapeurs.
Un courant d'eau froide circule autour du conduit des vapeurs chaudes.
Ces vapeurs se refroidissent alors et se condensent dans une tour en bois proche du bâtiment. Les
gouttes qui se forment, coulent par gravité dans un bassin en dessous du
réfrigérant et sont récupérées pour une nouvelle utilisation.

Photo issue de la Société de construction "Atelier de Billy", vers 1970. En arrière, le château d'eau des compresseurs peu avant sa démolition.
- La Salle des Ventilateurs, les ventilateurs étaient d'imposantes turbines, alimentées par des moteurs électriques. Ils sont actionnés par courroies à l'aide de moteurs à courant triphasés de 250 HP et tournant à 738 tours.
Leurs rotations entrainaient une dépression qui aspire l'air, entrant par le puits n°10; l'air suit un circuit dans les galeries du fond pour ressortir par le puits n°20. Des galeries bétonnées situées à faible profondeur, reliaient les ventilateurs au puits n°20.
- La Chaufferie, Cette installation produisait de la vapeur nécessaire aux chauffage des locaux des installations de surface de la fosse, dont les bains douches.
Elle contient 2 chaudières semi-tubulaires de 150m2 de surface de chauffe timbrés à 6 kilos. Les foyers sont des grilles ordinaires chargés à la main. Pour l'évacuation des fumées, Un tunnel relie les chaudières àà une imposante cheminée en béton.
Architecture
Face côté Puits n°20.
Le bâtiment possède une architecture traditionnelle de celle des Mines de Courrières à la fin du XIX ème siècle. Les bâtiments des puits n°6, 7, 8, 9 et 10 avaient de nombreuses similitudes.
Face côté Puits n°10.
Avec le bâtiment de la Fosse 8 de Courrières, il sera rescapé de la 1ère Guerre Mondiale et conservé jusqu'à la fermeture de la fosse. Les machines seront démontées et le bâtiment sera vendu a une entreprise en 1964. Il est le dernier de ce type et le dernier bâtiment de machines de la Compagnie des Mines de Courrières encore visible actuellement.
Photos actuelles du Bâtiment,
Façade côté ventilateurs.
Vue devant le puits n°20.
Vue à proximité du puits n°10.
Ce bâtiment est le plus ancien de ce type construit en 1899. Il l'un des plus ancien bâtiment minier encore existant. Il est de l'époque du Titanic et à traversé le 20ème siècle et ses événements.
Comparatif sur l'époque de construction du bâtiment avec les sites miniers du Nord Pas de Calais préservés.
Fosse 10 de Courrières - 1899
Fosse 11/19 de Lens - 1925, 1960.
Fosse 9 d'Oignies - 1930
Fosse Delloye à Lewarde (CHM) - 1927
Fosse Arenberg à Wallers - 1902, 1936 et 1954
- Le Poste des transformateurs, Situé à proximité de la salle des machines, ce bâtiment comporte l'installation électrique des transformateurs. Le transformateur permet de convertir l'intensité d'électricité (triphasée ou courant continu), la fréquence et la forme restent inchangées. L'électricité produite par la Centrale Thermique des Mines de Courrières arrive au poste à la tension de 15.000 Volts. Des transformateurs l'abaissent d'abord à 3.000 volts, c'est sous cette tension que sont alimentés les plus gros moteurs (Machines d'extraction, ventilateurs, compresseurs & pompes du fond).
D'autres transformateurs abaissent ensuite une partie de ce courant à 200 volts pour alimenté tous les autres moteurs dont la force n'excède pas 100 HP (moteurs du criblage, monte-charges, pompes de château d'eau...)
Le bâtiment a été construit après la 1ère Guerre Mondiale. L'architecture et courante dans les sièges d'extraction des Mines de Courrières des années 1920. Il est le dernier de ce type encore visible actuellement et est occupé par une entreprise. Il conserve certains éléments de son équipement d'origine (portes métalliques...)
Photos du bâtiment
Porte d'origine du bâtiment.
PUITS N°20 - BÂTIMENT D'EXTRACTION ET MACHINE
Le puits n°20 est le puits de retour d'air.
L'aérage d'une mine de charbon
Dans une mine, pour éviter l'accumulation du Grisou et les dangers qu'il représente, mais également pour que les hommes respirent, il est nécessaire d'aérer les chantiers du fond. L'aérage d'une mine se fait par 2 puits, le puits d'entrée d'air (le n°10) et le puits de retour d'air (le n°20). L'air entre ainsi par le puits n°10. il communique avec les différentes galeries des étages en exploitation, via les sas d'aérage ou "feniesse" (ce sont des portes métalliques étanches qui empêchent l'air de circuler librement), il est ainsi possible de réguler l'air afin d'aérer la totalité des chantiers en exploitation.

Schéma représentatif de l'aérage de la fosse 10. L'air, matérialisé en bleu, entre par le puits n°10, suit le parcours régulé par les sas, suit le puits n°20, aspiré par les ventilateurs dans la salle des machines, il ressort par les buses d'aérages.
Les vieux chantiers abandonnés sont souvent murés afin d'y restreindre l'accès de l'air. Aux étages désaffectés sont placés des bouchons au niveau de l'accrochage.
Après avoir réaliser le circuit, l'air est aspiré vers le puits n°20. Il passe ensuite par une galerie bétonnée appelée "Goyot" à faible profondeur, qui le relie aux turbines des ventilateurs de la Salle des Machines. Il est alors libéré dans les buses d'aérages, à l'extérieur du bâtiment des machines.
Le numéro des puits est choisi en fonction du creusement réalisé par la Compagnie sur la concession selon les dates de creusement. Le n°10, creusé en 1899 est adjoint du n°20 en 1911. entre temps, d'autres puits avaient été creusés (11, 12 & 13/18 à Sallaumines, 14 & 19 à Fouquières, 15 à Méricourt, 16 à Courrières et 17 à Harnes). Dans les autres Compagnies, les puits situé sur un même carreau portent des numéros communs (exemple, 1 et 1 bis).
Selon le réglementation faisant suite à la Catastrophe de Courrières, la Compagnie est dans l'obligation de doubler la totalité de ses puits en service, par le creusement de nouveaux puits d'aérage.
Descriptif des installations du Puits n°20
Le Chevalement est en poutrelles à treillis, à 2 molettes parallèles.
15 novembre 2008
Les Bureaux, Service Médical et Baraque des Ouvriers (Q, R & M)
Ce bâtiment comporte différents services accolés:
- Les bureaux, qui comportent les bureaux de l'ingénieur divisionnaire, de l'ingénieur de la fosse, du Maître-Porion, des Porions et Surveillants. Les services de Comptabilité et le secrétariat de la fosse se trouvent également dans ce bâtiment.
- Le Service Médical et de paye, où on trouve les infirmiers et le bureau du Docteur, les salles des payeurs et le hall d'attente des ouvriers.
- La Baraque des ouvriers, Où se trouvent déposés les outils des ouvriers. Ceux-ci viennent les y chercher avant leur descente et les y remettent à la remonte. Leurs outils sont remis en état pendant leur séjour à la baraque.
Bâtiments lors des travaux de 2006.
16 novembre 2008
Les Bains Douches

Intérieur d'une Salle des pendus, vers 1950.
En arrivant, les ouvriers peuvent déposer leurs vêtements de villes pour revêtir leur tenue de travail. Le système généralement employé est un crochet individuel suspendu en hauteur avec les effets du personnel (d'où le nom de "Salle des pendus").
Lors de leur remonte, les ouvriers peuvent prendre des douches dans les salles aménagées aux extrémités du bâtiment. Accolé à ce bâtiment se trouvent les vestiaires des employés, agents de maitrise et ingénieurs qui possèdent des coffres pour leurs effets et des cabines de bains-douches individuelles.
Les bains douches en 2006.
Ce bâtiment a été vendu en 1955 à une entreprise. Il est toujours visible.
19 novembre 2008
La Lampisterie

Distribution des lampes avant la descente dans un siège des Mines de Courrières. 1950.
Dans la lampisterie se trouvent réunies toutes les
lampes à benzine nécessaire à deux postes d'ouvriers; elles se montent
au nombre de 2.600. Les ouvriers, après avoir pris leurs outils à la
baraque, viennent à la lampisterie chercher leurs lampe, laquelle leur
est délivrée contre leur jeton, et montent à la recette supérieure,
pour prendre place dans les cages qui les amènent au fond. Quand ils
reviennent au jour, ils procèdent en sens inverse à la remise de leur
lampe contre leur jeton individuel qu'on leur rend; ils déposent leurs
outils et vont aux bains-douches.
Architecture du bâtiment
Après la fermeture de la fosse, le bâtiment a été reconverti en salle de gymnastique. Il est désormais détruit.











































